A force de vouloir des animaux toujours plus originaux et mignons, on a sélectionné génétiquement les races au point d'avoir des créatures de plus en plus malade.
Mais à quel moment avons-nous dérapé ? Au départ ces animaux avaient des fonctions, produire des œufs et de la viande notamment. Mais tout change au siècle précédent, lorsque les gens ont commencé à vouloir des animaux de compagnie. Et certains décident d'organiser des concours de beauté à l'image de ceux des chien et des chats...
On ne cherche donc plus des animaux utiles ou performants, mais beaux et qui permettent de se démarquer. Ainsi les premiers clubs ont commencé à répertorier des "races" en listant des particularités physiques. C'est la naissance des races, qui doivent correspondre à un standard. Ce standard définit la morphologie, des caractéristiques particulières, pour sa tête, son corps, ses pattes, ses couleurs, son poids, sa taille... au-delà duquel l'animal ne doit pas sortir, sinon il ne fait plus partie de cette race.
Mais qui décide que telle race doit ressembler à un standard précis ? Et bien il s'agit du club qui en parle. Et oui chaque club va avoir son propre standard.
Pourquoi certains éleveurs vont suivre ces standards à la lettre ? Parce que lors des manifestations, ces animaux se vendent trés cher.
Mais le problème, c'est que pour répondre à la demande des acheteurs et répondre aux effets de mode, certains éleveurs ont poussé les standards beaucoup trop loin. Il y a une sorte de course vers le pire pour ne sélectionner que les sujets les plus marquants.
C'est ce que l'on appelle les hypertypes. On va sélectionner chez les individus certaines caractéristiques morphologiques de façon à les pousser à l'extrême. En supprimant la diversité chez les populations, augmentant le nombre d'hypertype pathologique aux seins des populations. Car plus un animal est hypertype, plus il risque d'être malade. C'est pour ça que ces animaux meurent en moyenne plus jeunes que les autres.
Et ce que l'on ne vous a pas encore dit c'est qu'en plus ces animaux sont consanguins. parce que pour qu'un animal correspondant exactement au critère physique de la mode, les éleveurs ont une solution rapide, faire se reproduire des animaux trés proches génétiquement. Et ça expose la descendance à des maladies héréditaires et surtout à sa disparition.
En prétendant vouloir sauvegarder la pureté d'une race, on l'amène vers son extinction. Sur le long terme il faut abolir la notion de race, qui rappelons le n'existe que dans le cadre des concours de beauté et éviter de voir les animaux comme des objets qui doivent absolument être identiques.
biblio:
Albert Moukheiber DOCTEUR EN NEUROSCIENCES
Hélène Gateau, vétérinaire et autrice
Dr Gwenaëlle Delcros
kendy tzu yun teng, dave c broodbelt, camilla pegram, david b. church, dan oneil, "life tables of annual life expectancy and mortality for companion..."
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C’est toujours la même ritournelle : les oiseaux sauvages nous apportent la grippe aviaire et sont une menace pour les élevages de volailles. Ce message martelé par les médias infiltre efficacement notre conscience collective. Cette quasi propagande vise à nous faire oublier le désastre éthique, sanitaire et économique des élevages en batterie de l’agriculture industrielle.
Une étude scrupuleuse de la littérature scientifique dévoile pourtant une autre réalité (1) : même si des formes bénignes de la grippe aviaire sont depuis toujours présentes chez les oiseaux sauvages, les élevages en batterie sont bien les cocotte-minute évolutives qui ont engendré les variants hautement pathogènes. En particulier, des études détaillées ont permis d’identifier très précisément la source de la première forme hautement pathogène du virus de l’influenza aviaire (IAHP) qui circule aujourd’hui.
Ce variant est né en 1996 dans un élevage d’oies de la province du Guangdong dans le sud de la Chine. Le mutant s’est ensuite propagé aux oiseaux sauvages, et occasionnellement à l’homme. A l’époque, les pouvoirs publics avaient d’ores et déjà tenté d’incriminer les oiseaux sauvages, mais les recherches scientifiques ont bien identifié le commerce des volailles comme source du problème. Notamment, les élevages en batterie fournissent des conditions idéales, de confinement d’animaux à très haute densité Ceci est dû au fait que les fortes densités de populations, qu’elles soient aviaires ou humaines, augmentent la fréquence des événements de transmission, et la probabilité d’une mutation. De plus, la densité élevée d’hôtes à infecter favorise une transmission élevée, qui est, dans le cas de la grippe, liée à une pathogénicité accrue. Finalement, en dehors des élevages, les transports de volailles sur des longues distances propagent rapidement les virus dangereux. Ainsi, la grippe aviaire a initialement colonisé le territoire chinois en suivant les lignes de chemin de fer (2).
Depuis, le virus IAHP est apparu dans soixante et un pays et affecte les élevages de volailles du monde entier ; il est désormais impossible de s’en débarrasser. En 2021-2022, l’épidémie la plus grave jamais enregistrée dans les élevages de volailles, en particulier en Europe, a entraîné l’abattage d’environ 47,7 millions d’oiseaux captifs. Ces événements dramatiques remettent profondément en question l’élevage intensif d’oiseaux, à cause des souffrances animales intolérables qu’il entraîne, mais aussi car l’évolution rapide dans ces espaces confinés augmente la probabilité de mutations conduisant à l’émergence de l’IAHP en tant que prochaine pandémie humaine. Dans ce contexte, il n’est pas inutile de rappeler que le génome de la grippe espagnole, qui a tué plus de 50 millions d’humains en 1918-1919, était probablement d’origine aviaire.
Les épidémies récentes de IAHP chez des oiseaux de la haute mer, et ce jusqu’en Antarctique (3), montrent que les oiseaux sauvages sont les victimes collatérales des épidémies de grippe aviaire hautement pathogènes au sein des élevages en batterie. Certaines de ces populations, d’ores et déjà en danger d’extinction suite au réchauffement climatique et à la pêche industrielle, ont perdu plus de 90 % de leurs effectifs restants en quelques mois.
Pour Amandine Gamble, écologue des maladies infectieuses à l’Université Cornell aux USA «On entend souvent qu’il est pratiquement impossible de contrôler les maladies qui circulent dans la faune sauvage. Dans un cas comme celui de la grippe aviaire, pour lequel l’origine de la maladie est directement liée à nos habitudes de consommation, il est cependant possible d’agir avant que la maladie n’atteigne la faune sauvage, en favorisant des pratiques d’élevage qui ne facilitent pas l’émergence de nouveaux variants de virus hautement pathogènes».
(1) Voir notamment : Lycett, S. J., Duchatel, F., & Digard, P. (2019). A brief history of bird flu. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 374 (1775), 20180257.
(2) Gauthier-Clerc, M., Lebarbenchon, C., & Thomas, F. (2007). Recent expansion of highly pathogenic avian influenza H5N1 : a critical review. Ibis, 149 (2), 202-214.
(3) Banyard, A. C., et al. (2024). Detection and spread of high pathogenicity avian influenza virus H5N1 in the Antarctic Region. Nature Communications, 15 (1), 7433.